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Un nouvel espoir thérapeutique pour la polyarthrite rhumatoïde

Un nouvel espoir thérapeutique pour la polyarthrite rhumatoïde

Jean-Luc Davignon, chercheur au CNRS, s’intéresse tout particulièrement aux problèmes d’érosion osseuse associés à la polyarthrite rhumatoïde. A mi-parcours de son financement, il nous présente ces résultats concernant une molécule thérapeutique prometteuse.

La polyarthrite rhumatoïde

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La polyarthrite rhumatoïde (PR) est un rhumatisme inflammatoire chronique qui touche 0,4 à 0,8% de la population adulte en France, le plus souvent entre 40 et 60 ans. Elle se manifeste principalement par des déformations voire des dégradations articulaires. Mais c’est également une maladie systémique entraînant des manifestations extra-articulaires variées (sang, poumon, muscles, cœur, système nerveux, os …) et parfois grave. Les causes de cette maladie sont encore inconnues mais elles font très certainement intervenir un défaut de l’inflammation et du système immunitaire.

En plus des manifestations articulaires, la PR se caractérise par un phénomène d’érosion osseuse touchant l’ensemble des os de l’organisme. Cette manifestation touche 20 à 30 % des malades, aussi bien les hommes que les femmes, et ses conséquences peuvent être graves. En effet, la dégradation de l’os accroît le risque de fracture et peut engendrer des douleurs dues à la déformation osseuse. De plus elle est accompagnée d’une libération de calcium dans le sang pouvant augmenter les risques de maladies cardio-vasculaires chez ces patients. Les médicaments actuels utilisés pour la PR ne traitent pas directement ce problème, il existe donc un besoin important.

La régulation de la dégradation osseuse


Jean-Luc Davignon est responsable d’une équipe de recherche à l’Université Paul Sabatier de Toulouse. La Fondation Arthritis finance ses travaux sur la Polyarthrite Rhumatoïde depuis maintenant un an. Lui et son équipe travaille plus particulièrement à l’élaboration d’un nouveau traitement jouant conjointement sur l’inflammation et la régulation de la dégradation osseuse. A mi-parcours, nous avons souhaité le rencontrer pour discuter avec lui de l’avancement de ses travaux et de ses espoirs pour l’avenir.


« Nous nous intéressons tout particulièrement au phénomène de dégradation osseuse associée à la PR. Notre objectif est d’empêcher cette érosion pathologique de l’os grâce à une molécule synthétique appelée dendrimère», nous explique Jean-Luc Davignon. Cette molécule a été découverte par un laboratoire de chimie de Toulouse, mais ce n’est que plus tard, grâce au travail de Cyril Poupot, chercheur INSERM, que son rôle dans l’inflammation a été identifié. C’est alors que Jean-Luc Davignon s’est intéressé à cette molécule. « Nous avons contacté ce chercheur pour lui proposer une collaboration et tester le potentiel anti-inflammatoire des dendrimères dans un modèle de souris polyarthritique » nous explique Jean-Luc Davignon.

Plus concrètement, les travaux de l’équipe consistent à injecter ces dendrimères à des souris polyarthritiques, puis à observer leur effet sur le niveau d’inflammation, l’érosion osseuse ainsi que les manifestations de la maladie. « Curieusement, et de façon intéressante, nous avons observé que les dendrimères ont la double propriété de diminuer l’inflammation et donc la production des cytokines inflammatoires (TNF, IL1 …) ainsi que de diminuer l’activité des cellules responsables de l’érosion osseuse », nous explique Jean-Luc Davignon. Cette double action est tout à fait innovante comparée aux traitements actuels de la maladie.


Des espoirs pour un nouveau traitement


Ces résultats prometteurs doivent être confirmés dans d’autres modèles de souris polyarthritiques. En effet, il est important de tester les effets positifs des dendrimères sur différentes formes de PR. « Nous souhaitons également tester un mode d’administration par voie orale pour espérer un jour utiliser cette molécule chez l’homme», nous explique Jean-Luc Davignon. « En parallèle de ces recherches très appliquées, nous souhaitons mieux comprendre comment ces molécules agissent et ainsi mieux interpréter les mécanismes de la maladie elle-même », précise Jean-Luc Davignon. Les premiers résultats montrent que les dendrimères sont capables de se fixer aux monocytes, cellules du système immunitaire, dont le rôle est central dans la polyarthrite rhumatoïde.

Ce bilan à mi-parcours est donc très encourageant et illustre bien la qualité des choix de la Fondation Arthritis dans les projets qu’elle finance. Si ces résultats se confirment, Jean-Luc Davignon et son équipe poursuivront vers une application chez l’homme (cf interview), parcours long et difficile, mais tellement riche d’espoir pour les patients.


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Interview : Jean-Luc Davignon, chercheur au CNRS (Laboratoire universitaire JE2510 au sein de l’IFR30) Université Paul Sabatier de Toulouse


Quel a été l’apport de la Fondation durant cette première année de financement ?

Tout d’abord je voudrais dire que les financements comme ceux de la Fondation Arthritis sont extrêmement importants pour l’avancement de nos recherches. Cette première année de financement, nous a permis de réaliser les expériences in vivo chez la souris et donc de démontrer le rôle anti-inflammatoire et anti-érosion des dendrimères dans le premier modèle de souris polyarthritiques. Concrètement cet argent a permis de financer notre fonctionnement au jour le jour comme l’hébergement des souris, l’achat de matériel et l’utilisation des services techniques de l’Université.

Avez-vous l’objectif de tester votre molécule chez l’homme ?
Bien sûr, les résultats encourageants observés chez la souris nous poussent à vouloir tester cette molécule sur l’homme. Cependant les besoins financiers que cela engendre vont bien au-delà des financements d’une simple étude de recherche. Les premières phases d’un essai clinique peuvent coûter jusqu’à un million d’euro. Cela nécessite donc de monter un vrai plan de financement. Plus concrètement, nous devons avant tout vérifier la toxicité ainsi que les modalités de dégradation des dendrimères chez l’animal avant d’obtenir l’autorisation de tester cette molécule chez l’homme. Si les résultats sont positifs, nous espérons pouvoir lancer la première phase d’une étude clinique d’ici un an ou deux.


Quel serait l’intérêt des dendrimères comme traitement de la PR comparé aux Biothérapies qui ont déjà prouvé leur efficacité ?
Tout d’abord les dendrimères se démarquent des traitements classiques par leur double rôle sur l’inflammation et l’érosion. D’autre part, ce sont des molécules synthétiques dont l’administration par voie orale peut faire espérer des effets indésirables moins importants que ceux associés aux biothérapies. Enfin le coût de production des dendrimères sera bien inférieur à celui des biothérapies. C’est un argument de poids pour faciliter l’accès du traitement au plus grand nombre.

La Fondation Arthritis est la principale  initiative privée de récolte de fonds dans le domaine des rhumatismes graves. Les rhumatismes graves regroupent les pathologies suivantes : la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite rhumatoïde, l’arthrite juvénile idiopathique, le lupus érythémateux systémique, la maladie de Behçet, la polychondrite chronique atrophiante, la sclérodermie, le syndrome du Gougerot. Ces maladies procurent des douleurs et amènent un handicap profond. Agissons ensemble pour financer la Recherche !

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