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Polyarthrite rhumatoïde :  histoire d'une révolution dans le diagnostic de la PR

Polyarthrite rhumatoïde : histoire d'une révolution dans le diagnostic de la PR

Mireille Sebbag travaille depuis 1988 dans le laboratoire de Guy Serre à Toulouse. Leurs recherches portent sur les ACPA, molécules dont la découverte a révolutionné le diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde. Son témoignage nous permet de revenir aujourd’hui sur l’histoire de cette découverte.


Histoire d’une révolution dans le diagnostic de la PR


Les études sur les ACPA ont débuté dans les années 80 par la recherche et la caractérisation d’auto-anticorps contenus dans les sérums de patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR). Les anticorps sont des molécules produites par le système immunitaire dont le rôle est de reconnaître des agents extérieurs étrangers à l’organisme et ainsi le protéger. Parfois, le système immunitaire produit des anticorps qui reconnaissent anormalement des molécules du soi, on parle alors d’auto-anticorps. Généralement ces molécules sont reconnues et détruites par l’organisme, mais chez certaines personnes, elles sont conservées et engendrent ce que l’on appelle des maladies autoimmunes.

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Identifier et caractériser les auto-anticorps spécifiques à chaque pathologie est un point de départ judicieux pour mieux comprendre les maladies auto-immunes et faire progresser leur diagnostic. Pour ce faire, il suffit de prélever un peu de sérum de patient (composant du sang qui contient les anticorps) puis de le tester sur des tissus sains. Si l’on observe une réaction, cela signifie que le sérum contient des anticorps qui réagissent contre des molécules du soi et donc des auto-anticorps. « A l’époque, une étude réalisée par une autre équipe de recherche avait permis d’identifier des auto-anticorps contenus dans le sérum de patient atteint de PR. Notre objectif a consisté à confirmer l’existence de ces auto-anticorps puis d’en découvrir la nature », se rappelle Mireille Sebbag.

L’équipe de Guy Serre a alors découvert que ces auto-anticorps reconnaissaient des molécules du soi ayant subi une modification particulière appelée citrullination. « Ce type de modification est tout à fait normale au cours de l’inflammation, mais la réaction du système immunitaire contre elle est tout à fait spécifique de la polyarthrite rhumatoïde », nous explique Mireille Sebbag.  L’identification des ces auto-anticorps chez un patient pour lequel une PR est soupçonnée peut donc confirmer le diagnostic.

A force de travail collaboratif avec les équipes médicales, le potentiel diagnostic de ces auto-anticorps a pu être confirmé, et un test diagnostic, aujourd’hui utilisé dans le monde entier, a pu être développé. Il a permis d’accélérer le processus de diagnostic et donc d’assurer une prise en charge médicamenteuse plus rapide, favorisant le recul des dégradations irréversibles des articulations. « Notre objectif aujourd’hui est de comprendre le rôle de ces auto-anticorps dans la maladie, ce qui permettra peut être de développer un nouveau traitement. Et oui, cette découverte vieille de 20 ans n’a pas encore dit son dernier mot ! », conclut Mireille Sebbag.

La Fondation Arthritis est la principale  initiative privée de récolte de fonds dans le domaine des rhumatismes graves. Les rhumatismes graves regroupent les pathologies suivantes : la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite rhumatoïde, l’arthrite juvénile idiopathique, le lupus érythémateux systémique, la maladie de Behçet, la polychondrite chronique atrophiante, la sclérodermie, le syndrome du Gougerot. Ces maladies procurent des douleurs et amènent un handicap profond. Agissons ensemble pour financer la Recherche !

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