L'arthrose : un problème de santé publiqueLa Fondation Arthritis a ouvert son champs d’application à l’arthrose lors son appel d’offre en 2011. Frédéric Lioté fait le point avec nous sur la maladie et sur les thématiques développées par son équipe à l’Hôpital Lariboisière à Paris.
L’arthrose est une affection progressive de l’ensemble du tissu ostéo-articulaire. La maladie peut toucher l’ensemble des articulations du squelette: genoux, hanche, rachis et mains, et son origine est pluri-factorielle avec des conséquences socio-économiques extrêmement importantes. Ainsi, l’on estime que 4,6 millions de personnes souffraient d’arthrose en France en 2003, avec un coût annuel de l’ordre de 1,6 milliards d’euros. En termes de coût, on situe habituellement l’arthrose au deuxième rang des maladies chroniques, après les affections cardiovasculaires, ce qui fait qu’elle représente un véritable problème de Santé publique dans les pays développés. Structure du cartilageLe cartilage est composé d’un seul type de cellules, appelées chondrocytes intégrées dans une matrice extra-cellulaire composée en majorité de collagènes et d’aggrécanes. L’ensemble confère au cartilage résistance et élasticité. Le groupe dirigé par Frédéric Lioté s’intéresse aux interactions entre la synoviale et le cartilage. L’hypothèse microcristallineDes « transporteurs » sont localisés à la membrane des chondrocytes, et assurent des flux entrants ou sortants de phosphate inorganique (Pi) et/ou de pyrophosphate inorganique (PPi), ce qui permet de maintenir l’homéostasie du Pi indispensable au métabolisme cellulaire. Il s’agit d’une balance finement régulée, qui s’oriente soit vers la formation de Pi, soit vers la formation de PPi. Le groupe de Frédéric Lioté s’intéresse à cette régulation qui pourrait probablement modifier les caractéristiques physico-chimiques du cartilage. L’excès de Pi ou de PPi, en association avec le calcium, forme respectivement des cristaux de phosphate de calcium basique (BCP) ou de pyrophosphate de calcium (CPP) (Voir schéma ci-dessous). Ces cristaux sont présents dans le cartilage, ou sont libérés puis phagocytés par la membrane synoviale, ce qui induit une réponse inflammatoire puis une chondrolyse (dégradation du cartilage). De manière similaire, comme nous l’explique Frédéric Lioté, « lorsque l’on injecte des cristaux en intra-articulaire à des souris, on observe systématiquement une chondrolyse, précédée d’une inflammation initiale modeste ». L’apoptose du chondrocyteL’autre thématique sur laquelle travaille le groupe de Frédéric Lioté concerne la compréhension de l’apoptose du chondrocyte dans l’arthrose. L’équipe cherche à déterminer pourquoi le chondrocyte s’engage dans cette voie d’apoptose : Y –a-t-il des inducteurs de l’apoptose ou bien un manque d’inhibiteurs de cette voie ? L’importance de la FondationLes financements accordés par la Fondation Arthritis sont nécessaires pour les équipes de recherche. Comme nous l’indique Frédéric Lioté, «Le budget accordé par l’INSERM diminue de 10% en 2012, les prélèvements augmentent, donc le quotidien est complexe, et les organismes de tutelle demandent aux chercheurs de trouver des budgets de fonctionnement. Cette subvention de 20 000 € nous permet de payer le consommable pour l’année (souris, anticorps, peptides), et est indispensable pour la continuation du projet ». L’équipe :Unité : INSERM U 606 « os et articulations » Interview de Frédéric Lioté:
L’arthrose touche environ 4 millions de français. Existe-t-il des traitements contre cette maladie ?Le problème, c’est qu’il n’y a pas de traitements curatifs à l’heure actuelle. Toutefois il est possible de contrôler son évolution grâce à des traitements médicamenteux et non médicamenteux. Néanmoins la compréhension de la maladie a évolué ces 10 dernières années, et on commence effectivement à identifier de nouvelles cibles, c’est un espoir !!!! Quelles sont donc les pistes thérapeutiques prometteuses ?Pour tester de nouvelles hypothèses, nous utilisons au laboratoire des modèles d’arthrose expérimentales : il s’agit de souris normales ou génétiquement modifiées à qui l’on fait subir une méniscectomie partielle. Cela crée une instabilité articulaire et une chondrolyse, donc une arthrose en 6 semaines. Il existe néanmoins quelques différences, en fonction du sexe et de la souche des souris utilisée, mais ces modèles animaux sont des outils indispensables pour nous permettent de comprendre les mécanismes physiopathologiques de la maladie d’une part, et, d’autre part, nous permettent de tester de nouvelles molécules anti-arthrosique. La contrepartie chez l’homme existe : au genou, si on enlève un ménisque à un homme ou une femme, on le (la) précipite vers l’arthrose du genou : le message du rhumatologue est de « protéger les ménisques » !!
La Fondation Arthritis est la principale initiative privée de récolte de fonds dans le domaine des rhumatismes graves. Les rhumatismes graves regroupent les pathologies suivantes : la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite rhumatoïde, l’arthrite juvénile idiopathique, le lupus érythémateux systémique, la maladie de Behçet, la polychondrite chronique atrophiante, la sclérodermie, le syndrome du Gougerot. Ces maladies procurent des douleurs et amènent un handicap profond. Agissons ensemble pour financer la Recherche !
Les femmes plus souvent atteintes de maladies auto-immunes : Implication du microchimérisme et du chLes maladies auto-immunes surviennent quand l’organisme n’arrive plus à reconnaître ses propres constituants en tant que « soi », déclenchant ainsi une réaction chronique du système immunitaire contre ses propres cellules et tissus. Or 80% des malades sont des femmes. Sami-Barna Kanaan à Marseille s’intéresse à cette inégalité des sexes. > en savoir plusMaladies inflammatoires: PCNA : un acteur inattendu mais essentiel dans la survie du neutrophileLes maladies inflammatoires chroniques, telle que la polyarthrite rhumatoïde, sont caractérisées par l’infiltration de cellules inflammatoires. Véronique Witko-Sarsat et son équipe étudient les mécanismes fondamentaux de la résolution de l’inflammation. > en savoir plus
VE-cadhérine soluble: Un marqueur de suivi de la polyarthrite rhumatoïde ?L’angiogenèse est nécessaire dans la progression de la polyarthrite rhumatoïde. Adama Sidibe travaille à Grenoble dans l’unité Inserm 1036, et étudie plus précisément les modifications structurales de la VE-cadhérine et leur importance dans la pathogenèse de la polyarthrite rhumatoïde. Nous sommes allés à sa rencontre. > en savoir plus
Lupus et hormonesPourquoi les femmes sont elles plus touchées que les hommes par les maladies auto-immunes ? C’est la question que se pose l’équipe de Jean-Charles Guéry du laboratoire Inserm U563 de Toulouse. Ils s’intéressent plus particulièrement au rôle des hormones féminines dans le développement du lupus. > en savoir plus
Lupus et polychondrite : Une recherche collaborativeGuy Gorochov dirige l’équipe « Immunorégulation et Immunothérapies » à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Les recherches menées dans le laboratoire font l’objet d’une coopération ente milieu associatif, service clinique et partenaires institutionnels. > en savoir plus
Lymphocytes T régulateurs et thérapie cellulaireAprès les biothérapies, grande révolution de cette dernière décennie, la thérapie cellulaire fait son entrée dans l’arène. Notre rencontre avec Julie Quentin, financée par la Fondation, nous a permis de découvrir les perspectives de ce traitement nouvelle génération dans la polyarthrite rhumatoïde.
Identification des gènes de susceptibilité aux spondylarthropathiesIl s’agit d’un projet de recherche génétique qui a débuté il y a près de 15 ans. L’objectif de ce projet est d’identifier les gènes de susceptibilité aux spondylarthrites qui restent inconnus à ce jour (en dehors du HLA-B27).
Lupus et anomalies génétiques : 10 gènes suspectésLe lupus érythémateux systémique (LED) est une maladie auto-immune relativement fréquente caractérisée notamment par la production excessive d’auto-anticorps. Cette maladie a la particularité de toucher plusieurs organes (rein, articulation, peau, cœur, système nerveux ...), ce qui rend son traitement problématique. > en savoir plus
Syndrome de Gougerot-Sjögren : au-delà des gènesGrâce au soutien de la Fondation, une équipe de recherche parisienne a choisi d’explorer un nouveau mode de régulation des gènes qui pourrait être la clé de compréhension de cette pathologie.
Dégradation osseuse: la recherche aura ta peau !Une étude publiée en décembre par une équipe de recherche soutenue par la Fondation fait la lumière sur les origines de la dégradation osseuse observée dans certaines maladies inflammatoires chroniques comme la polyarthrite rhumatoïde. Elle tiendrait notamment à un lien très surprenant entre l’os et les cellules immunitaires.
Exploration des potentialités anti-arthritiques de molécules utilisées dans le traitement du diabèteSuite à la découverte du potentiel anti-inflammatoire du pioglitazone, molécule utilisée dans le traitement du diabète, l’équipe de David Moulin a choisi de tester cette molécule dans la PR. Contrairement aux traitements plus classiques, cette molécule montre un double effet protecteur des articulations et de l’os. > en savoir plus
Les mécanismes impliqués dans le déclenchement de la polyarthrite rhumatoïdeLe laboratoire dirigé par Jean Roudier a été créé en 1991 sur le campus de Luminy à Marseille en 1991. Il réunit 4 équipes de recherche qui travaillent sur les mécanismes impliqués dans le déclenchement de la polyarthrite rhumatoïde et de la sclérodermie, qui sont deux maladies auto-immunes. > en savoir plus
Un nouvel espoir thérapeutique pour la polyarthrite rhumatoïdeJean-Luc Davignon, chercheur au CNRS, s’intéresse tout particulièrement aux problèmes d’érosion osseuse associés à la polyarthrite rhumatoïde. A mi-parcours de son financement, il nous présente ces résultats concernant une molécule thérapeutique prometteuse.
Polyarthrite rhumatoïde : histoire d'une révolution dans le diagnostic de la PRMireille Sebbag travaille depuis 1988 dans le laboratoire de Guy Serre à Toulouse. Leurs recherches portent sur les ACPA, molécules dont la découverte a révolutionné le diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde. Son témoignage nous permet de revenir aujourd’hui sur l’histoire de cette découverte. > en savoir plus
Arthrites juvéniles idiopathiques : état des lieuxLe Pr Quartier est pédiatre à l’hôpital Necker-Enfants Malades et coordinateur du centre de référence maladies rares des arthrites et des maladies autoimmunes de l’enfant. Il a accordé un entretien à la Fondation Arthritis permettant ainsi de faire le point sur les arthrites juvéniles idiopathiques (anciennement "arthrites chroniques juvéniles"). > en savoir plus
Compréhension des mécanismes physiopathologiques de la PR et de la SPAGilles Chiocchia co-dirige avec Maxime Bréban l’équipe « Inflammation chronique et système immunitaire » à l’Institut Cochin, à Paris. Il travaille depuis 20 ans dans la recherche sur les pathologies inflammatoires rhumatologiques. Nous sommes allés à sa rencontre : l’occasion de revenir sur son parcours. > en savoir plus |



















