Ces 20 dernières années ont été primordiales pour la recherche en rhumatologie. J. L. Pasquali, C. Fournier, F. Berenbaum et F. Russo-Marie nous font partager leur vécu de ses avancées.
La Fondation, et avant elle l'ARP, a financé de nombreux travaux de recherche reconnus au niveau international. De la compréhension des mécanismes inflammatoiresà l’immunologie, et à la génétique lié aux RICs, ces travaux ont eu une incidence importante sur la prise en charge de ces pathologies.
L’ARP, de par ses statuts, s’est d’abord concentrée sur la PR et la SA. En 2005, à l’occasion des 15 ans de l’ARP, Catherine Fournier, dans la revue du rhumatisme (Elsevier) écrit :
« Comme pour les autres maladies auto-immunes, l’espoir de voir progresser les thérapeutiques curatrices de la PR dépend étroitement de la compréhension des mécanismes physiopathologiques qui conduisent à la destruction du tissu cible. Les nombreuses publications de haut niveau, issues des travaux soutenus par l’ARP, témoignent de la contribution constante des chercheurs de l’ARP pour apporter des pièces à cet immense puzzle et les emboîter petit à petit en comblant des vides importants à plusieurs endroits différents de ce grand ensemble. Plusieurs découvertes majeures ont vu le jour grâce aux subventions de l’ARP. Parmi celles-ci, citons deux exemples. D’abord des travaux fondamentaux visant à analyser les interactions entre le système immunitaire et l’inflammation articulaire ; ensuite, des recherches basées sur la caractérisation biochimique poussée d’un auto-antigène potentiel de la PR. Tous deux ont débouché sur des applications pratiques.
Dans le premier cas, il s’agit de la mise en place d’un modèle animal original, la souris K/BxN, par le groupe de Christophe Benoist à Strasbourg. Cette souris qui développe spontanément une polyarthrite proche de la PR a permis de décrire les mécanismes qui conduisent à la destruction articulaire. C’est un outil d’étude performant et puissant, maintenant utilisé dans de nombreuses autres équipes du monde entier. Le deuxième travail, développé dans le cadre de l’ARP depuis l’origine de l’association par le groupe de Guy Serre à Toulouse, a porté sur l’identification des cibles moléculaires des auto-anticorps anti-filaggrine spécifiques de la PR. Cette brillante étude a conduit à la commercialisation de tests diagnostiques.
De nombreux autres travaux en cours, visent à identifier des cibles pharmacologiques potentielles. La constitution multicentrique d’une cohorte nationale de patients ayant une PR récente, la cohorte ESPOIR , à laquelle l’ARP participe, permettra à toutes ces équipes d’avoir accès à des prélèvements de tissus pour tester leurs hypothèses et conforter leurs résultats.
Pour le site internet faire un flux de données avec les trois paragraphes précédents + quelques exemples de recherche décisives financées par la Fondation
Du sel d'or aux biothérapies, en passant par le méthotrexate, ces 20 dernières années ont été décisives pour étoffer les outils thérapeutiques contre les RICs.
Les progrès réalisés ces 20 dernières années n’ont cependant pas été uniquement liés aux médicaments. La prise en charge non pharmacologique s’est également améliorée. Francis Bérenbaum nous parle des trois domaines dans lesquels les progrès ont été les plus importants.
Bilan globalement satisfaisant ? Loin s’en faut ! Sur la compréhension des mécanismes précoces ou primaires des maladies rhumatismales chroniques, sur la connaissance de « l’agent causal », les choses n’ont pas beaucoup avancé depuis 20 ans, confie Françoise Russo-Marie. Les solutions pour guérir restent encore globalement incertaines, voire inconnues.