20 ans en rhumatologie

Ces 20 dernières années ont été primordiales pour la recherche en rhumatologie. J. L. Pasquali, C. Fournier, F. Berenbaum et F. Russo-Marie nous font partager leur vécu de ses avancées.

 

L'amélioration de la prise en charge

Du sel d'or aux biothérapies, en passant par le méthotrexate, ces 20 dernières années ont été décisives pour étoffer les outils thérapeutiques contre les RICs.

" Dans les années 70/80, les traitements de routine pour la PR étaient les sels d’or. Le problème était qu’au bout de 5 ans, seuls 10 % des patients poursuivaient le traitement. En cause, l’efficacité sur le long terme et la tolérance. Dans les années 1980, le méthotrexate, un anticancéreux, prescrit  à l’origine en cas d’échec des traitements avec les sels d’or, s’est avéré efficace en « première intention » pour la PR. Au bout de 5 ans, 50 % des patients poursuivaient le traitement : le progrès était donc notoire. Son utilisation réelle en première intention se situe au début des années 90, où il devient le traitement de référence ", nous rappelle Francis Berenbaum.

Les années 90  seront celles d’une spectaculaire révolution  avec l’émergence, dès 2000, de traitements totalement innovants : les biothérapies. L’arrivée des biothérapies a été rendue possible par les progrès de  la recherche fondamentale qui permet de mieux comprendre les processus inflammatoires et les maladies auto immunes (voir encadré).

"La connaissance des phénomènes inflammatoires aigus et chroniques, qui conduisent à la destruction des cartilages et des os, a beaucoup progressé dans les années 90 ", rappelle Françoise Russo-Marie. "Dans le processus inflammatoire, les deux cytokines en cause sont les TNF-alpha et les IL-1 (interleukine 1). Menées en Angleterre, les recherches de Marc Feldmann émettent l’hypothèse que si l’on inhibe le TNF-alpha au moyen d’anticorps, on contrôlera le processus inflammatoire ". Cette observation est à l’origine du concept de traitements à base de molécules " anti-TNF ".

Pour Jean-Louis Pasquali, " il faut bien comprendre que ce qui a amené à découvrir l’effet des anti- TNF dans les pathologies humaines, est un travail fondamental qui ne cherchait pas à résoudre un problème thérapeutique. La découverte du TNF alpha est issue d’un travail fondamental en immunologie. On a cherché secondairement à comprendre son effet dans un processus inflammatoire, en particulier au cours des arthrites expérimentales chez la souris. Comme il était efficace de cibler cette molécule chez la souris, le pas a été vite franchi de se dire que ce devait être aussi efficace au cours de la maladie inflammatoire chronique, comme la polyarthrite rhumatoïde chez l’homme. C’est ainsi que les choses se sont passées ! "

Les premiers essais sur l’homme remontent à la fin des années 1990. Aujourd’hui, des molécules bloquant le TNFalpha et l’interleukine-1  sont entrées dans la pratique courante pour les patients qui répondent mal aux thérapeutiques classiques. En parallèle, l’utilisation de traitement de base comme le méthotrexate s’est sensiblement amélioré.

Ces recherches ont eu deux conséquences très concrètes : des mécanismes inflammatoires mieux compris, des outils thérapeutiques nouveaux. Quel chemin depuis le sel d’or !

Les progrès non pharmacologiques

Les progrès réalisés ces 20 dernières années n’ont cependant pas été uniquement liés aux médicaments. La prise en charge non pharmacologique s’est également améliorée. Francis Bérenbaum nous parle des trois domaines dans lesquels les progrès ont été les plus importants.

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L' incompréhension de la cause, la piste génétique

Bilan globalement satisfaisant ? Loin s’en faut ! Sur la compréhension des mécanismes précoces ou primaires des maladies rhumatismales chroniques, sur la connaissance de « l’agent causal », les choses n’ont pas beaucoup avancé depuis 20 ans, confie Françoise Russo-Marie. Les solutions pour guérir restent encore globalement incertaines, voire inconnues.

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Témoignage à 4 voix

Ce que l’ARP et Arthritis ont apporté à la connaissance des RIC

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La Fondation dans tout ça !

La Fondation, et avant elle l'ARP, a financé de nombreux travaux de recherche reconnus au niveau international. De la compréhension des mécanismes inflammatoiresà l’immunologie, et à la génétique lié aux RICs, ces travaux ont eu une incidence importante sur la prise en charge de ces pathologies.

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